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Partager l'eucharistie ?

Pour tous ceux qui vivent des contacts oecuméniques chaleureux, pour de nombreux foyers biconfessionnels, ne pas pouvoir recevoir ensemble le Corps et le Sang du Christ est une souffrance. Qu'en est-il de la position de nos diverses Eglises à cet égard ?


Partout, on estime que toute célébration de l'Eucharistie, de la sainte Cène, est le fait d'une communauté rattachée à une Eglise précise. A partir de là les positions divergent.

Pour les orthodoxes, la participation des autres chrétiens à la communion ne viendra que comme le couronnement de la réalisation de l'unité de la foi, but du mouvement œcuménique auquel l'Eglise Orthodoxe participe activement. L'impossibilité actuelle est source de souffrance, reconnue par les responsables orthodoxes.

Pour l'Eglise Orthodoxe, l'unité de l'Eglise n'est pas le fait d'une visibilité institutionnelle, elle ne dépend pas non plus d'une volonté de groupe ou d'individus qui pourrait contribuer par une démarche prophétique à l'avancement du rétablissement de cette unité. L'unité de l'Eglise est l'unité de la Foi, elle sous-entend une foi commune qui passe par une compréhension commune du credo de l'Eglise. La célébration eucharistique est le lieu par excellence où se manifeste et se vit l'unité de l'Eglise, le partage du pain et du vin est le signe de cette unité, l'aboutissement de toute une " action liturgique " à laquelle fidèles et prêtre collaborent en union avec l'ensemble des fidèles, prêtres et évêques orthodoxes du monde entier : l'oikouméné. C'est ainsi que s'exprime la catholicité de l'Eglise, l'Eglise une, telle que notre Seigneur l'a voulue dans sa prière sacerdotale " Qu'ils soient un ".

Du côté protestant, les Eglises luthérienne et réformée notamment ont au contraire pris l'habitude, lorsqu'elles célèbrent la sainte Cène, d'inviter à participer toutes les personnes présentes qui croient en Jésus Christ. Elles séparent la communion au Corps et au Sang du Christ de l'allégeance à la confession qui célèbre.

L'Eglise catholique romaine, attentive comme l'Eglise orthodoxe à la portée ecclésiale de l'eucharistie, n'accepte pas dans le principe cette déconnexion entre communion ecclésiale et communion eucharistique. Elle ne pratique donc pas de manière habituelle et générale l'accueil des autres chrétiens à la table eucharistique. Elle conçoit cependant que certaines circonstances justifient d'offrir cette hospitalité, sans allégeance de leur part, à des frères chrétiens particulièrement proches ou privés des sacrements de leur confession par l'éloignement. La Commission épiscopale française pour l'unité a défini ainsi en 1983 les conditions qui rendent possibles l'accueil de protestants : "Dans le cas où des prêtres et des fidèles catholiques accueillent des frères protestants à la table eucharistique, une hospitalité authentique suppose de la part de ces derniers un réel besoin ou un désir spirituel éprouvé, des liens de communion fraternelle profonds et continus avec des catholiques (tels qu'ils sont vécus dans certains foyers mixtes et dans quelques groupes oecuméniques durables), une foi sans ambiguïté quant à la dimension sacrificielle du mémorial, quant à la présence réelle et à la relation entre communion eucharistique et communion ecclésiale, enfin un engagement actif au service de l'unité que Dieu veut."

Bien sûr, dans l'Association Oecuménique, nous souhaitons que les choses puissent évoluer vers un partage plus large de l'eucharistie. Sans revenir sur les dispositions rappelées plus haut, la récente encyclique romaine "L'Eglise vit de l'eucharistie" s'est montrée plutôt réticente et n'a pas apporté d'ouvertures nouvelles. Notre prière auprès de l'Esprit Saint n'en est que plus fervente et motivée.

En attendant, les problèmes posés par l'application de la directive épiscopale de 1983 ont amené les catholiques et les protestants de notre Association à réfléchir ensemble sur les conditions posées par les évêques catholiques à la pratique de l'hospitalité eucharistique dans certaines circonstances, et sur le contenu de leur foi eucharistique personnelle. Le texte ci-dessous a été adopté par notre Conseil lors de la préparation d'une retraite prévue dans une abbaye en 2001 :

" Dans le cas de notre groupe, ni les "liens de communion fraternelle profonds" dans "un groupe oecuménique durable", ni l'"engagement actif au service de l'unité que Dieu veut" ne peuvent être mis en doute.

En ce qui concerne la "foi sans ambiguïté", la "présence réelle" du Christ dans l'eucharistie ne fait aujourd'hui de difficulté pour aucun des protestants parmi nous, même si cette foi dans la présence réelle ne s'appuie pas chez eux sur le concept de transsubstantiation. La "relation entre communion eucharistique et communion ecclésiale" ne trouve pas non plus d'obstacle chez des fidèles qui, protestants ou catholiques, sont conscients du scandale de l'absence de pleine communion entre nos Eglises, qui travaillent et prient ensemble, pour leur part modeste, en vue de réparer cette déchirure, et qui voient dans le partage de l'eucharistie lors de temps plus forts de leur recherche commune le signe et la promesse de cette communion ecclésiale plus complète à laquelle ils aspirent. La "dimension sacrificielle du mémorial" provoquerait plus de contestation, et pas seulement chez les protestants, si on voulait par là voir dans chaque eucharistie célébrée "un" sacrifice particulier s'ajoutant à d'autres et s'ajoutant à l'unique et définitif sacrifice de Jésus Christ. Mais si "dimension sacrificielle du mémorial" veut dire que lors de chaque eucharistie le sacrifice du Christ, dont on fait mémoire, est rendu présent dans la communauté qui la célèbre et que cette célébration fait participer cette communauté à l'offrande que le Christ en fait au Père, la mention du sacrifice n'est plus un obstacle pour la plupart.

Dans ces conditions nous pensons que les ambiguïtés seraient levées si, au lieu de demander au Père évêque une autorisation aveugle, nous lui demandions de déclarer qu'il accorde l'hospitalité eucharistique, lors de cette retraite, par exemple à ceux qui, engagés dans le groupe oecuménique au service de l'unité que Dieu veut, reconnaissent dans l'eucharistie la présence réelle du Christ, y célèbrent la présence et l'offrande de l'unique sacrifice du Christ, y trouvent le signe et la promesse de cette communion ecclésiale plus parfaite à laquelle Dieu les appelle. Seuls communieront alors ceux qui reconnaîtront leur conviction dans la formulation utilisée. Nous serions d'ailleurs très étonnés qu'une telle formulation, ou une formulation proche, soit mal accueillie des protestants de notre groupe."

A ces conditions, et pour cette circonstance particulière, l'hospitalité eucharistique avait été autorisée par l'évêque du diocèse dans lequel se situait notre lieu de retraite.

Nous espérons que la réflexion ci-dessus non seulement pourra aider d'autres groupes oecuméniques dans des circonstances semblables, mais aussi sera bien accueillie par tous les chrétiens que préoccupe ce problème.







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